Critique Le Labyrinthe 3 : Le Remède Mortel
  • Réalisé par : Wes Ball

  • Bande Originale : John Paesano

  • Durée : 2h22 min

  • Sortie en France le : 7 février 2018

Notre verdict

Le Labyrinthe : Le Remède Mortel, une épreuve cinématographique

Trois ans et demi après la sortie de l’épisode original sort le volume final de cette trilogie pour adulescents. Avec un second volet atroce et insupportable, il y avait du pain sur la planche pour remettre l’histoire sur de bons rails. Il faut dire qu’il partait de très loin, avec un manque total de charisme, un rythme asthmatique et un message foutraque. L’ampleur des travaux nécessaires pour redresser la barre était digne d’Hercule. Bien entendu, le pari est… raté ! Nous allons vous expliquer pourquoi.

Une histoire qui continue d’emprunter à tous les genres

Le film commence dans les tons du second volet, en conservant son esthétique ocre et sableuse. On y retrouve nos héros à la poursuite d’un train qu’ils doivent impérativement arrêter. D’emblée, avec l’environnement désertique en guise de décor, la mise en scène emprunte et rappelle de nombreux westerns. Le film s’ouvre ainsi plutôt positivement, puisqu’il montre une belle évolution dans la maîtrise du rythme. Hélas, l’illusion ne dure qu’un court instant. Dès lors que Thomas et consort utilisent les armes pour s’emparer du wagon qu’ils recherchent, on est rappelé par la dure réalité des films de fantaisie/science-fiction/horreur/romance (rayez la mention inutile). Il faudra accepter à chaque instant qu’ici, ce sont les plus jeunes qui font la loi et ce sont eux qui sont les plus intelligents. Passons pour la crédibilité… Cette maladie est systématique dans cette vague de films, aucun n’y faisant exception. On peut ainsi citer Twilight, Divergente, Hunger Games (bien qu’il s’en sorte avec un peu plus d’honneur), Numéro Quatre… Les films Le Labyrinthe s’inscrivent dans la mouvance des sagas pour ados, dont le genre est en train d’arriver à ses limites (enfin ! pourront s’exclamer certains). Néanmoins, il est aussi un des seuls qui pourra se vanter d’arriver jusqu’à sa conclusion, sa relative brièveté aidant.

Ce qui ne veut pas dire que la corde n’a pas été usée jusqu’à la moelle… En volant des idées parmi de nombreux films de genre, son identité propre s’est diluée et a perdu de son impact. Seul le premier volet possédait une ambiance de mystère, même avec un concept pas tout à fait neuf – Cube de Vincenzo Natali est passé par là en 1999 tout en allant beaucoup plus loin- mais remis au goût du jour. Cela s’est gâté dès la suite, où les auteurs se sont perdus comme pris aux pièges par le miroir aux alouettes qu’eux-mêmes ont créé. Ainsi, la première partie qui reprend le ton à la Mad Max (de George Miller, 1979) est une vraie plaie à suivre. Esthétiquement, le visuel n’est pas beau avec des tons qui oscillent toujours entre le jaune et le marron. Heureusement, la seconde partie met de côté ces couleurs. C’est un plaisir de découvrir le nouvel environnement urbain et moderne de la Dernière Ville. Le film prend une légère orientation SF et rappelle Matrix (des Sœurs Wachowski, 1999) par ses tons volontairement aseptisés. Mais encore une fois, la bonne idée n’est pas vraiment exploitée puisque l’environnement ne jouera aucun rôle réel. Le seul intérêt de cette ville est sa tour en son centre, qui abrite la société WICKED (elle est tellement maléfique qu’ils ont réussi à l’appeler comme ça, sans doute au cas où quelqu’un oublierait… !). Difficile de ne pas y voir une singerie de Barad-dûr dans Le Seigneur des Anneaux (de Peter Jackson, 2001), sa destruction entraînant de facto la destruction du mal. C’est vraiment bancal et les petites bonnes idées font presque à chaque fois l’effet d’un pétard mouillé. La fin, qui n’est pas trop convenue reste par contre tout à fait correcte, Kaya Scodelario la portant essentiellement sur ses épaules.

Le labyrinthe 3, Thomas, Teresa, Dylan O'Brien, Kaya Scodelario

Des personnages sans identités qui ne servent que de passe-plat

Kaya Scoledario, qui campe Teresa, est effectivement le seul personnage disposant d’un caractère crédible et cohérent. Elle se montre plus nuancée que l’ensemble des autres acteurs, jamais dans l’excès et toujours à sa place. Son comportement n’est pas erratique comme l’ensemble du casting et elle semble réellement savoir ce qu’elle fait. Elle sauve le film du naufrage et elle prouve à nouveau que c’est l’une des stars en devenir qu’il faudra suivre dans les prochaines années. Ce n’est pas la première fois que son jeu marque une réelle différence, elle l’avait d’ailleurs fait pour la saga Pirates des Caraïbes en 2017. Par sa grande maîtrise des émotions et par son charisme, elle réussi l’exploit de ne pas être indigeste dans un film qui frôle l’ulcère.

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Pour les autres, j’aurais tendance à dire que le casting a été raté (plutôt fréquent dans les films pour teenagers). Dylan O’Brien est bien trop lisse pour camper le rôle qui lui est attribué. Il nous est présenté comme le héros parfait : il a le sens du sacrifice (il ne laisse jamais personne derrière lui, c’est répété tout au long du film…), il a du courage, il a du cœur… Oui, il est parfait ! Ce qui sonne encore plus faux dans un film qui veut dépeindre une dystopie âpre. On ne sait pas vraiment d’où lui viennent ses qualités et lui non plus ne le sait pas, puisqu’on ne reviendra jamais sur son passé. Cela le décrédibilise encore plus : on ne naît pas héros, on le devient…
Quant à Newt, Thomas Brodie-Sangster, il se donne du mal pour donner âme à un personnage famélique mais n’y arrive jamais vraiment. Il reste cantonné au rôle de sidekick et ne s’en détache jamais.

Tous les autres personnages ne sont qu’anecdotiques. De la brute à la jeune fille rebelle, tous les clichés sont représentés. Minho (Ki Hong Lee), enlevé par la diabolique WICKED (quel nom ridicule… je pense à la personne qui l’a trouvé quand elle a fondé l’entreprise !) se paie même le luxe de devenir le McGuffin du film. Sitôt retrouvé, sitôt disparu…

Bref, si le film était déjà un patchwork inapproprié, le traitement sans saveur des personnages empêche toute tension dramatique. Rien n’a jamais été fait pour que l’on s’attache aux personnages. On se retrouve alors entraîné dans un labyrinthe interminable de dialogues insipides et de situations prévisibles. Aller au bout est une épreuve, il m’a été impossible de prendre du plaisir et j’ai attendu le générique de fin avec hâte.

Le Labyrinthe : le remède mortel, Newt, Thomas, Teresa

Un message populiste nauséabond sur fond d’apologie à l’anarchie

Nous pardonnerions volontairement des erreurs et des choix hasardeux si le message du film n’était pas aussi dérangeant. A bien y réfléchir, son message politique est détestable.

D’un côté, nous avons des adultes qui sont totalement perdus, qui utilisent les blocards (les ados ayant réussi l’épreuve du Labyrinthe) comme sujet d’expérience sans vraiment trop savoir ce qu’ils font et de l’autre, se trouve un groupe de jeunes rebelles qui veulent absolument renverser le système. Il s’agit ni plus ni moins de propos anarchiques présentés comme la solution à tous les problèmes. La guerre elle-même devient un moyen et je ne peux pas cautionner cela. Même la représentation d’immeubles qui s’effondrent, qui rappelle le 11 septembre, est dérangeante.

Le Labyrinthe 3 arme des jeunes ahuris et fait passer les adultes comme responsables de tous les maux. C’est une représentation malheureuse après les innombrables faits de massacres de masse. Sous la couverture d’un divertissement, on nous fait avaler des couleuvres en distillant des messages subliminaux politiques. Car en réalité, c’est un film populiste qui joue sur les plus mauvaises des tendances humaines pour se forger un nom. Et parce qu’il est calibré pour un public crédule et influençable, il devient très dangereux.

La Dernière Ville, Le Labyrinthe 3 : le remède mortel

Alors, on recommande Le Labyrinthe : Le Remède Mortel ?

Si vous avez vu le premier volet, vous aurez envie de connaître la conclusion, mais il vous faudra une bonne dose de courage. S’il réserve quelques passages plaisants, ils ne permettent jamais au film de décoller. Il ne dépasse en effet jamais sa condition de produit calibré pour adolescent, empruntant de ci de là pour en faire un patchwork improbable qui ne fonctionne jamais. Les personnages ne sont pas vraiment attachants non plus, la faute principalement à Dylan O’Brien qui est bien trop lisse. Heureusement, Kaya Scodelario, sauve la mise… Mais ce qui rend Le Labyrinthe 3 plus détestable encore, c’est son message politique haineux. Il arme des enfants en les poussant à guerroyer, parfois pour nous faire une démonstration sur les bienfaits de l’anarchie. Le Remède Mortel, c’est la recette d’un film populiste appliqué aux blockbusters hollywoodiens. Aussi sympa que fût l’épisode original, il m’est dès lors impossible de recommander ce film.

Notre verdict

On a aimé

  • Kaya Scodelario, qui fait de son mieux, compte tenu de la matière
  • Quelques passages bien ficelés

  • Voir le générique de fin (ouf !)

On n’a pas aimé

  • Un film dont le propos est dangereux, en entretenant une haine constante pour la société

  • Des personnages qui n’ont aucun charisme

  • Un peu de Matrix, un peu de Mad Max, un peu de 28 jours plus tard… Mélanger des ingrédients ne fait pas un bon film !

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