Critique de Solo : a Star Wars story
  • Réalisé par : Ron Howard

  • Bande Originale : John Powell

  • Durée : 2h15 min

  • Sortie en France le : 24 mai 2018

Notre verdict

Critique de Solo: A Star Wars Story, le film injustement mal-aimé

Solo: A Star Wars Story est le spin-off consacré à la jeunesse de Han Solo. Depuis son annonce à l’été 2015, il a connu de nombreux remous et embûches. Cette année-là, le duo Phil Lord et Christopher Miller est appelé à la barre, enthousiaste à l’idée de prendre les commandes d’un film Star Wars. La pré-production semble suivre alors son cours et arrive juin 2017 où les réalisateurs quittent le tournage en plein projet. Les médias et les internautes s’emparent alors de cette situation de crise, prophétisant un ratage complet et pointant inutilement le tournage chaotique du film.

Méprisé par des cinéphiles endormis par les critiques cannoises, le film sort enfin avec un accueil inhabituellement froid pour la franchise… une triste ironie pour un film chaleureux, qui est une franche réussite et qui apporte un vent de fraîcheur à une galaxie lointaine, très lointaine.

Solo: A Star Wars Story est un rêve devenu réalité pour les fans de Star Wars

Solo: A Star Wars Story débute sur les chapeaux de roues, dans les bas-fond de Corellia, planète asservie par l’Empire et lieu de naissance du jeune Han Solo (incarné par Alden Ehrenreich). On y retrouve notre héros en pleine poursuite, pris en chasse par un groupe de vagabonds locaux. Idéaliste et plein d’espoir, on est encore loin du contrebandier aguerri des autres films mais certains de ses traits comportementaux sont déjà présents et on reconnait immédiatement le personnage. Son rêve : quitter Corellia et son oppression, avoir son propre vaisseau et devenir un pilote hors-pair. Il partage ce but avec Qi’ra, son amour d’enfance pour qui il serait prêt à tous les sacrifices. Alors que les deux amants parviennent à trouver un moyen de s’enfuir ensemble, le destin frappe et il se retrouve embrigadé à l’Ecole Militaire Impériale…

Le scénario du film est plus malin qu’il n’y paraît au premier abord. Il avait été vendu comme un western spatial, mais il s’agit en réalité d’un véritable film noir, avec ses criminels, ses femmes fatales et son intrigue qui tourne autour de la fuite en avant des héros. Cette structure inhabituelle pour un film Star Wars le rend véritablement unique, plus encore que ne l’a été Rogue One en 2016. La lutte éternelle entre la Rébellion/Résistance et l’Empire/le Nouvel Ordre devient anecdotique ici et l’on peut se concentrer enfin sur autre chose qu’une énième variation de ce thème.

C’est Lawrence Kasdan, décidément très à l’aise avec la saga, qui a pondu le scénario. Pour lui, c’est une véritable gageure puisque cela lui a permis d’explorer en profondeur son personnage fétiche : Han Solo. S’il ne s’y est pas consacré totalement, c’est parce qu’il se concentrera en parallèle sur l’histoire de l’Episode VII, Le Réveil de la Force. Mais son scénario restera en attendant aux mains d’une personne de confiance : son fils, Jonathan. Le maître revient finalement pour achever le script.
Sa participation est loin d’être un hasard. En effet, Lawrence Kasdan est le seul à connaître Star Wars aussi bien, après George Lucas bien entendu. Scénariste de L’Empire Contre-Attaque, du Retour du Jedi et du Réveil de la Force, la saga galactique coule dans ses veines. Solo: A Star Wars Story est son cri d’amour pour son univers et ses personnages. En racontant le passé de Han Solo, il met en avant des lieux et des situations fantasmés par les fans mais encore jamais vraiment vus dans les films. Quel plaisir de découvrir les bas-fonds de Correlia, de Coronet City, ses chantiers navals…, de découvrir de nouvelles créatures et de voir les syndicats du crime et les contrebandiers se livrer des guerres intestines. Le film est un immense bac à sable où l’on explore de manière un peu plus profonde qu’à l’accoutumée l’univers de Star Wars. Jamais il n’a été aussi vivant, aussi réaliste et aussi concret. Solo permet d’étendre le champ de possibilité de l’ensemble des films Star Wars, c’est peut-être là que réside la plus grande réussite de cet opus. En fin de compte, il reprend l’essence des romans de l’Univers Etendu et donne une cohérence surprenante à l’ensemble des films sortis jusqu’ici.

On pourra toujours reprocher un manque de prise de risque, de l’action un peu ronflante par-ci par là, mais le plaisir, immense, reste au rendez-vous. Et si le film est aussi efficace, c’est parce que, contre toute attente, l’interprétation de Alden Ehrenreich est brillante.

Solo : A Star Wars Story avec Alden Ehrenreich et Woody Harrelson

Des acteurs convaincants mais parfois inégaux

Dès l’annonce du casting, Alden Ehrenreich a fait les frais de sa comparaison avec Harrison Ford : il ne ressemble pas physiquement à l’acteur mythique, il n’a pas de charisme, il a des problèmes de diction et ne serait pas intelligible… Les fans se sont acharnés sur lui, en oubliant le talent de l’acteur qui avait déjà fait ses preuves dans d’autres métrages. Or, il prouve dans Solo qu’il a suffisamment de présence et de charisme pour incarner le célèbre contrebandier. Si l’on entretient avec lui une certaine distance au début, voire une méfiance, elle disparaîtra au fur et à mesure de l’évolution du personnage et on s’attachera finalement à lui comme on l’avait fait pour la version de Harrison Ford. Même s’il n’en a pas la flegme ni tout à fait la même présence à l’écran, Alden s’en sort parfaitement et n’a pas à subir de trop de la comparaison avec son aîné.

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Parmi les nouveaux venus, très peu d’informations avaient filtré concernant Qi’Ra (Emilia Clarke), l’amie et amour d’enfance de Han Solo. On retrouve quelques traits de Daenerys Targaryen qu’elle incarne dans Games of Thrones : une force et une détermination farouche enveloppées par une douceur saisissante. On s’attache vite au personnage et son duo avec Alden Ehrenreich est fusionnel à l’écran.

On retrouve un favori des fans avec Lando Calrissian, interprété dans sa version « jeune » par Donald Glover. C’est bien simple : le personnage est étincelant ! Il reprend le flambeau de Billy Dee Williams parfaitement et sait rester tout autant, si ce n’est plus encore, charismatique que lui. On ressent une vraie sympathie pour lui et voir en image la fameuse partie de Sabbac qui l’entraînera à perdre le Faucon Millenium face à Han Solo est une franche réussite.

Pour les méchants de service, citons Dryden Voss, interprété par Paul Bettany (prolifique en ce moment, après avoir incarné Vision dans Avengers : Infinity War). Il arrive tardivement dans le film et son rôle est relativement classique et balisé, mais reste efficace. La petite surprise concernant les antagonistes est en réalité à chercher du côté du gang des Cloud Riders et de son leader Enfys Nest. La révélation autour du personnage est l’une des plus réjouissante du film… au même titre qu’un caméo inattendu vers la fin.

Solo, avec Donald Glover dans le rôle de Lando Calrissian

Une réussite artistique indéniable

Que l’on aime ou pas l’histoire et les acteurs sélectionnés pour camper les personnages, personne ne pourra faire la fine bouche et aucune critique ne pourra être émise concernant la maestria de l’imagerie. On voyage véritablement à travers la galaxie avec une parfaite retranscription des environnements de Star Wars. Le film se permet même quelques séquences anthologiques délirantes, à grand renfort de CGI mais cela ne gêne jamais vraiment. On pense notamment à la traversée de Kessel en douze parsecs, parfaitement maîtrisée et rythmée.

Après Michael Giacchino dans Rogue One, on retrouve cette fois John Powell (Volt, Milo sur Mars) à la musique. Elle étonne en s’éloignant des canons habituels, en utilisant plus de percussions qu’à l’accoutumée, même si elle n’a rien d’inoubliable. On retrouve quelques sonorités familières mais réécrites, à nouveau comme un clin d’œil aux fans.

Au final, Solo: A Star Wars Story est très loin de la catastrophe annoncée. Le film est très plaisant, très agréable, même si son histoire est moins épique que les épisodes de la saga principale. Mais est-ce un problème ? En voulant montrer autre chose et en s’attardant sur de nombreux détails jamais vus dans Star Wars jusque là, il épaissit son univers et l’étend vers des horizons encore jamais atteints à l’écran. Il prouve qu’au-delà des Jedi, de la Rébellion, de l’Empire, il existe de nombreuses autres créatures et personnages qui ne demandent que leur minute de gloire pour vivre à l’écran. Star Wars, c’est une galaxie infinie de possibilités, une source foisonnante d’histoires qui n’attendent qu’à être racontées.

Emilia Clarke est Qi'ra dans Solo : A Star Wars Story

Alors, on recommande Solo: A Star Wars Story ?

Oui, nous recommandons chaudement le film ! Il ne sera pas facile pour le novice d’y entrer, de saisir les subtilités et les nombreux clins d’œil, mais si vous êtes fan, cet opus est fait pour vous. Au diable les polémiques des cinéphiles et critiques aigris, Solo n’est pas fait pour eux ! S’il fait beaucoup de fan-service, il se concentre aussi sur de nombreux petits détails qui donnent de la consistance à l’univers de Star Wars, en s’attardant sur des personnages au-delà des sempiternels Jedi et Sith et en montrant à l’écran les rouages d’un univers complexe et cohérent. Nous en sortons ravis et nous n’avons qu’une hâte : découvrir le prochain spin-off de la saga !

Notre verdict

On a aimé

  • Un film qui sort du schéma narratif de Star Wars

  • La présence de plein de détails de l’univers Star Wars

  • Un film de fan… pour les fans !

On n’a pas aimé

  • Les néophytes peuvent se sentir perdu

  • Un rythme un peu ronflant

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2018-09-28T13:53:08+00:00jeudi, 24 mai 2018|

À propos de l'auteur :

Cyrille
Grand fan de Cinéma, il est tombé dans la marmite Disney quand il était encore tout petit. Il est aussi devenu un féru des parcs, surtout ceux des USA qu'il connaît sur les bouts de doigts. Il a mis les pieds dans tous les Disney Parks du monde.